11 novembre 2012

Quand le tigre bondit...

Ce billet est sponsorisé

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Résumé de l'éditeur: Par une belle journée d’été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans ; il en a cinquante-et-un. Quand Peter l’invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfants composé d’animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d’ami, puis de père et d’amant. Charmeur et manipulateur, Peter s’insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l’enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée. Lyrique, profond et d’une limpidité hypnotique, Tigre, tigre ! dépeint d’une manière saisissante les forces opposées de l’emprise et de la mémoire, de l’aveu et du déni, et questionne nos capacités de guérison. Un récit extraordinaire qui dévoile de l’intérieur la pensée d’une jeune fille au bord de la chute libre.

 

Ce que j'en pense: Que dire de ce livre... Je reste tellement perdue après la lecture de ce livre. Le dégoût, le malaise mais aussi une certaine tendresse se disputent en moi.
C'est donc une auto biographie. Celle d'une petite fille, puis d'une ado et enfin d'une femme qui va avoir une relation avec un pédophile pendant plus de quatorze ans. Quatorze très longues années. Quatorze ans où son dégoût, sa peur va se mêler à l'amour qu'elle porte à cet homme. Allant même jusqu'à se "marier" avec lui. 

On a suit donc Margaux. Au début, quand tout va mal chez elle, puis quand elle rencontre Peter. Cet homme qui va devenir son rayon de soleil dans sa vie si noir pour une enfant de 7 ans, cet homme qui va devenir comme le père aimant qu'elle voulait enfant. Il va la façonner, tout doucement, pour en faire l'enfant-objet parfait dont il rêve. Sans que personne ne s'en rende compte, ils vont devenir interdépendant l'un de l'autre. Lui, de cette enfante qui l'accepte, elle de cet amour, de l'image qu'il lui renvoie d'elle même. Ils deviennent comme une sorte de drogue l'un pour l'autre, une drogue violente, cruelle, mais une drogue où parfois une pointe de tendresse perce. Certainement, cela n'est qu'un symptôme du syndrome de Stockholm, mais une relation s'est installée après tant d'années, bourreau et victime, chacun à leur manière. 
Chacun aspire à des choses perdues à jamais, qu'ils ne peuvent retrouver, si un jour elles ont existé. Deux êtres meurtris par la vie qui se retrouvent, même si cela n'excuse en rien les agissements de Peter. 
Peter d'ailleurs m'a surpris plus d'une fois. Quand on pense pédophilie, on pense viol. Pourtant Margaux reste vierge jusque tard, jusqu'à ce qu'elle insiste, qu'elle demande à aller plus loin... Dans l'espoir de changer de vie. 
De même, Peter accorde une grande importance aux désirs de Margaux, il l'a comble et lui cède tous ses caprices, comme pour essayer d'effacer toutes les fautes qu'il commet dans leur intimité. Une sorte d'échange s'instore entre eux. Un échange pesant sur la fin, sans aucun des deux n'arrivent à mettre un terme à cette relation destructive. Ce sera au final la mort de Peter, son suicide, qui leur permettra de se quitter. Laissant en suspense un très grand nombre de questions qui resteront certainement sans réponse. 
Aujourd'hui, Margaux a reconstruit sa vie, elle a avancé et essayé de réparer les erreurs du passé, de casser le cercle vicieux engagé des années auparavant par sa famille. 
La fin n'est pas heureuse, on ne peut pas dire ça, le mal qui a été fait restera toujours gravé quelque part, mais la vie continue. 

L'auteur, Margaux Fragoso, écrit mais ne juge pas, jamais. Elle relate ses souvenirs, ceux de Peter, ce qu'elle a entendu, vécu. Mais jamais, elle ne juge Peter, ne le dénigre véritablement. Elle n'en fait pas un psychopate robot qui saute sur tous les enfants qu'il croise. Elle ose le rendre humain, l'intimité qu'elle a vécu pendant si longtemps lui permettant de parler de lui sans détour. Il y a même une certaine tendresse dans certaines de ses phrases. 
C'est avant tout l'histoire de deux personnes à la dérive, à mon sens. Deux personnes avec une histoire horrible, mais deux êtres humains quand même. 

Malgré tout, j'avoue avoir eu la nausée en refermant ce livre. Il m'a véritablement dérangé. Il m'a d'ailleurs fallu quasiment une semaine pour le lire, ce qui est long chez moi. Pourtant, je l'ai bien aimé. enfin il m'a plu. C'est pas un livre que je relirai tous les quatres matins, mais c'est un livre qui restera dans ma bibliothèque. Un livre qui me suivra. Parce que le message derrière tout ça est beau, parce qu'il y a toujours de l'espoir, dans chacun de nous et dans chaque situation.

Pour finir, une des dernière phrase de Margaux: " le silence et le déni sont exactement les forces sur lesquelles comptent tous les pédophiles pour que leurs vrais mobiles restent cachés".

Quelques petits détails: 
Temps de lecture: ~ 4h si on le lit d'une traite j'imagine. Mais personnellement, je n'ai pas pu. J'ai eu besoin de pauses.
Nombre de pages: 413 dont 392 de roman pur. 
Prix: 21€ en neuf, mais on peut le trouver à partir de 11€ sur Price Minister
Note: 16,5/20 parce qu'il m'a quand même beaucoup plu!

Je tiens à remercier  PriceMinister pour m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire.

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Commentaires sur Quand le tigre bondit...

    après l'effarement, la citation nous rassure un peu sur l'intention de l'auteur.

    Posté par fersenette, 18 décembre 2012 à 13:17
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